La Commission européenne a fixé à 82,32 euros le prix du certificat du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les importations du troisième trimestre 2026. C’est le niveau le plus élevé depuis l’entrée en vigueur du régime définitif en janvier, en hausse d’environ 9 % sur le trimestre précédent. Pour les industriels qui achètent de l’acier, de l’aluminium, du ciment ou des engrais hors de l’Union, ce prix donne la mesure du coût carbone qui les attend en 2027.
Plan de l'article
Qu’est-ce que ce prix et à quoi sert-il ? #
Le MACF, appelé CBAM en anglais, applique aux produits importés un coût carbone équivalent à celui que paient les industriels européens soumis au marché du carbone de l’Union (SEQE-UE). Il couvre six familles de produits : le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’électricité et l’hydrogène, selon la page officielle de la Commission.
Depuis le 1er janvier 2026, la phase de simple déclaration est terminée : chaque tonne de CO2 contenue dans ces produits importés devra être couverte par un certificat. Pour cette première année, le prix de ces certificats est calculé trimestre par trimestre, à partir de la moyenne pondérée des prix d’adjudication des quotas du SEQE-UE.
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Une hausse nette après deux trimestres stables #
Le tableau publié par la Commission sur sa page dédiée au prix des certificats montre trois valeurs pour 2026 :
| Trimestre d’importation | Date de publication | Prix par certificat |
|---|---|---|
| 1er trimestre 2026 | 7 avril 2026 | 75,36 € |
| 2e trimestre 2026 | 6 juillet 2026 | 75,28 € |
| 3e trimestre 2026 | 5 octobre 2026 | 82,32 € |
| 4e trimestre 2026 | prévu le 4 janvier 2027 | à venir |
L’écart avec le deuxième trimestre atteint 7,04 euros, soit une hausse de 9,4 %, comme le calcule le site spécialisé SteelOrbis. Cette progression suit celle du prix des quotas sur le marché européen du carbone pendant l’été.
Chaque prix vaut pour un trimestre précis
Le prix de 82,32 euros s’applique aux certificats correspondant aux émissions contenues dans les biens importés entre juillet et septembre 2026. Une tonne d’acier importée en août ne sera donc pas valorisée au même prix qu’une tonne importée en mai. Pour les acheteurs, le calendrier des livraisons de l’année a désormais un effet direct sur le coût final.
Qui paie, et quand ? #
Ce sont les importateurs qui supportent le mécanisme. D’après la Fédération nationale des travaux publics, l’obligation financière s’applique à partir de 50 tonnes par an et par catégorie de produit. Les entreprises concernées doivent aussi être reconnues comme « déclarant MACF autorisé » pour importer les produits couverts.
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Le paiement n’est pas immédiat. Les certificats correspondant aux importations de 2026 seront achetés sur une plateforme centrale commune à partir de février 2027. La première déclaration annuelle, accompagnée de la restitution des certificats, interviendra en septembre 2027, selon la même source.
Un coût qui se répercute sur les achats
Un industriel français qui n’importe pas lui-même peut quand même ressentir l’effet du MACF. Son fournisseur ou son négociant importateur intègre ce coût dans ses prix. La FNTP souligne que le mécanisme « est susceptible d’influencer les conditions d’approvisionnement », notamment pour l’acier et le ciment utilisés sur les chantiers.
Pour les acheteurs, la réponse passe par la donnée. Les émissions réelles déclarées par un producteur hors Union, quand elles sont vérifiées, peuvent être inférieures aux valeurs par défaut. Un fournisseur capable de documenter son empreinte carbone devient donc un argument commercial à part entière.
Ce qui change en 2027 #
La Commission a prévu de passer à un rythme plus serré : à partir de 2027, elle calculera et publiera un prix chaque semaine, au lieu d’un prix par trimestre. Le coût du carbone importé suivra alors de beaucoup plus près les variations du marché européen.
D’ici là, une dernière valeur trimestrielle reste à connaître : celle du quatrième trimestre 2026, attendue le 4 janvier 2027. Les entreprises qui importent des volumes importants ont intérêt à provisionner dès maintenant le coût de 2026, en appliquant à chaque trimestre le prix publié.
Questions fréquentes #
Le prix de 82,32 euros s’applique-t-il à toutes mes importations de 2026 ?
Non. Il ne vaut que pour les biens importés entre juillet et septembre 2026. Les autres trimestres ont leur propre prix.
Quand faut-il acheter les certificats ?
À partir de février 2027, sur la plateforme centrale commune. La première restitution aura lieu en septembre 2027.
Une petite entreprise est-elle concernée ?
L’obligation financière ne s’applique qu’à partir de 50 tonnes importées par an et par catégorie de produit, selon la FNTP.
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